Law Right · Legal design · Édition 2026

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Les droits d’auteur en 2026

Qu’est-ce qui change pour moi ? Le régime civil et fiscal des droits d’auteur, expliqué simplement — à jour de la loi-programme.

par Christophe Boeraeve, avocat · Law Right

2023 les excluait. 2026 les fait revenir. Le régime fiscal des droits d’auteur rouvre ses portes aux métiers de l’informatique.

Le régime civil et fiscal des droits d’auteur est‑il pour vous… ou pas ?

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À qui parle ce guide

✍️ Vous créez, sans toujours le savoir

Vous dirigez une PME, vous êtes consultant, salarié ou freelance. Un consultant IT écrit du code, une graphiste dessine un logo, un architecte trace des plans, une rédactrice signe des articles, un dirigeant façonne une stratégie. Ce guide s'adresse aux auteurs qui s'ignorent : ceux qui créent dans l'entreprise, pour l'entreprise, ou pour leurs clients.

EssentielLe droit d'auteur ne protège pas que l'art « avec un grand A ». Il protège toute création originale qui porte l'empreinte de son auteur : un code source, une interface, une brochure, un plan, une photo de produit. La valeur artistique ne compte pas.
La distinction qui change toutCivil (Livre XI CDE) = qui possède les droits et peut les céder. Fiscal (CIR 92) = à quel taux les revenus sont imposés. Tout le bruit de 2022-2026 est fiscal ; la titularité civile, elle, n'a pas bougé depuis la loi DSM du 19 juin 2022.
Niveau 1

👁️ En un coup d'œil

15 %
précompte mobilier
0 €
cotisations sociales
77.220 €
plafond 2026
30 %
ratio maximum
La cerise sur le gâteau — l'avantage socialAucune cotisation sociale sur les droits d'auteur perçus par un indépendant (ce sont des revenus mobiliers, pas professionnels), tant qu'ils restent dans les limites du régime (ratio 30 %).
L’œuvre et l’originalité
L’originalité : l’empreinte personnelle de l’auteur.
Développement · A

✅ Les conditions, en détail

Le régime de 2008 a été resserré par la loi-programme du 26 décembre 2022. On compte aujourd'hui neuf conditions cumulatives — une seule préexistait (le plafond). La pédagogie tient en une check-list, mais chaque maillon compte.

  1. Des droits d'auteur ou droits voisins visés au Livre XI du CDE.
  2. Portant sur une œuvre originale (art. XI.165) ou une prestation d'artiste-interprète (art. XI.205).
  3. Cédés ou licenciés en vue d'une exploitation effective, selon les usages honnêtes de la profession.
  4. Par un titulaire qui détient une attestation du travail des arts (loi du 16 décembre 2022)…
  5. ou, à défaut, qui transfère ses droits à un tiers (communication, exécution, reproduction au public) ou les perçoit via un organisme de gestion.
  6. Le ratio droits / rémunération totale ne dépasse pas 30 % (voir B).
  7. Le montant ne dépasse pas le plafond indexé (voir B).
  8. La moyenne des 4 dernières années reste sous le plafond de base (voir B).
  9. Le tout par contrat écrit, avec une rémunération des droits distincte et identifiée.
9 conditions
Neuf conditions cumulatives — il suffit qu'une seule manque pour perdre le régime.

L'œuvre et l'originalité

La loi ne définit pas « l'œuvre ». Une seule condition de fond : l'originalité. Une œuvre est protégée si elle est une « création intellectuelle propre à son auteur » qui reflète sa personnalité par des choix libres et créatifs (CJUE Infopaq, Painer, Cofemel, Brompton). Ni la valeur artistique, ni la longueur, ni l'utilité ne jouent : un manuel d'utilisation, une photo de produit, un logo, un code source sont protégeables.

L'originalité, c'est l'empreinte de la personnalité de l'auteur. Un livre de mathématiques, des planches techniques ou médicales sont protégeables, quelle que soit l'exactitude des informations, pourvu qu'ils reflètent la personnalité de leur auteur.D'après A. Berenboom, Le nouveau droit d'auteur

La cession écrite — jamais tacite

À l'égard de l'auteur, tout contrat se prouve par écrit, et les cessions s'interprètent restrictivement, en sa faveur (art. XI.167). Exécuter et remettre une commande n'emporte pas cession : le photographe qui livre et facture ses photos n'a pas cédé le droit de les exploiter. La Cour de cassation l'a jugé pour l'architecte (Cass., 18 juin 2020) : pas de cession tacite, même sur commande payée.

La rémunération des droits, distincte

La part qui rémunère la cession des droits doit être identifiée séparément de celle qui rémunère la prestation. C'est cette part qui bénéficie du 15 %.

La « communication au public » : deux plans à ne jamais confondre

Sur le plan civil (la protection). La communication au public n'a jamais été une condition. Une œuvre est protégée sans être diffusée — c'est une prérogative patrimoniale de l'auteur, pas une condition de la protection. Les arrêts CJUE Svensson (2014), Reha Training (2016) et Land Nordrhein-Westfalen (2018) ne portent que sur l'existence d'un acte de communication, jamais sur le caractère protégé de l'œuvre.

L'expression de l'œuvre permet sa communication sans qu'il soit exigé que l'œuvre soit effectivement communiquée. À aucun moment il n'est exigé que l'œuvre ait été communiquée au public pour bénéficier de la protection.S. Watelet, RGFCP 2018/9, p. 30

Sur le plan fiscal (l'accès au régime depuis 2022). C'est différent — et c'est l'apport de la loi-programme du 26 décembre 2022. Le régime exige désormais deux choses : une exploitation ou utilisation effective des droits, « conformément aux usages honnêtes de la profession » (3e tiret de l'art. 17, §1er, 5°) ; et, pour qui ne détient pas l'attestation du travail des arts, que les droits soient transférés ou licenciés à un tiers « aux fins de communication au public, d'exécution ou de représentation publique, ou de reproduction » (5e tiret), le cas échéant via un organisme de gestion.

Attention — ne pas confondreProtection civile : jamais conditionnée à la communication au public. Régime fiscal depuis 2022 : la communication au public — au sens large d'une cession à un tiers à ces fins — est devenue une condition d'accès pour les non-titulaires de l'attestation. La même nuance vaut pour l'« exploitation effective ».

Cas de référence (décision publique)

Ruling — photographe (SDA n° 900.413, 1er déc. 2009)Les photos et reportages d'un reporter indépendant sont des œuvres originales. La part « droits de publication » est un revenu mobilier (art. 17, §1er, 5°) ; la part « prestation » un revenu professionnel ; pour les photos vendues sur stock, 100 % en mobilier. La clé : œuvre originale, écrit, et part des droits distincte. C'est la trame de tout avis de qualification.
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Les deux plafonds
Plafond absolu et ratio relatif de 30 %.
Développement · B

📊 Limites & plafonds, en détail

Le plafond absolu (37.500 € de base, indexé)

Au-delà du plafond indexé, l'excédent bascule en revenus professionnels (art. 37, al. 2 CIR 92).

Année de revenusPlafond indexé
2026 (ex. d'imp. 2027)77.220 €
2025 (ex. d'imp. 2026)75.360 €
2024 (ex. d'imp. 2025)73.070 €
2023 (ex. d'imp. 2024)70.220 €
2022 (ex. d'imp. 2023)64.070 €

Source : SPF Finances — tables officielles « Indexation des limites · Revenus de droits d'auteur ».

Le ratio relatif de 30 %

Quand la cession s'accompagne d'une prestation, les droits ne peuvent dépasser 30 % de la rémunération totale. Exemple de l'exposé des motifs : sur 75.000 € versés (dont 45.000 € de droits), le montant des droits est ramené à 22.500 € (30 %), le solde de 52.500 € devient professionnel. Le ratio ne s'applique pas aux redevances perçues ultérieurement (reproductions répétées via un organisme de gestion) : celles-ci sont 100 % mobilières, sous le plafond.

30 % droits max
🟡 Au plus 30 % en droits d'auteur · 🔵 70 % en prestation.

La moyenne des 4 dernières années

La moyenne des droits perçus lors des quatre périodes imposables antérieures ne peut, elle non plus, dépasser le plafond de base. En cas de début d'activité, on divise par 1, 2 ou 3 selon le nombre d'années complètes.

Travaux préparatoiresLa condition de la moyenne sur quatre ans vise les revenus qui ne sont pas « aléatoires et irréguliers ». Selon l'exposé des motifs : lorsque les revenus de droits « s'élèvent de manière régulière à plus ou moins 100.000 euros bruts, le caractère aléatoire et irrégulier des revenus ne peut servir de justification à l'application d'un régime particulier […], pour des motifs d'égalité devant l'impôt et d'équité ». C'est ce qui justifie le plafonnement de la moyenne des quatre dernières années au montant de base de 37.500 € (exposé des motifs, loi-programme du 26 décembre 2022).

Simulateur 1 — droits d'auteur ou revenus professionnels : que reste-t-il en poche ?

  

Simulateur 2 — cas marginal : un euro de plus quand on est déjà dans la tranche à 50 %

On suppose que vos autres revenus dépassent déjà 51.070 € : chaque euro supplémentaire est donc taxé au taux marginal de 50 % s'il est professionnel.

  
Calcul simplifié — à titre indicatifOn compare deux qualifications pour un même montant : soit en droits d'auteur (15 % de précompte mobilier, art. 17 §1er, 5° CIR 92, sans cotisations sociales), soit en revenus professionnels. Pour les revenus professionnels, on prélève d'abord la sécurité sociale, puis l'impôt progressif (art. 130 CIR 92, revenus 2026 : 25 % jusqu'à 16.720 €, 40 % jusqu'à 29.510 €, 45 % jusqu'à 51.070 €, 50 % au-delà) après la quotité exemptée de 11.180 € (art. 131 CIR 92). Taux sociaux forfaitaires (indépendant ≈ 20,5 %, salarié 13,07 %), hors frais professionnels réels, taxe communale et réductions d'impôt. Au-delà de 77.220 €, l'excédent de droits d'auteur bascule en revenus professionnels.
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L’avantage fiscal
Du brut au net : 15 % au lieu des taux progressifs.
Développement · C

💶 L'avantage fiscal, en détail

La première tranche est taxée à 15 % par retenue d'un précompte mobilier (art. 269, §1er, 4°), imputable, à déclarer à l'impôt des personnes physiques (art. 171, 2°bis et 313). Au lieu des taux progressifs qui montent jusqu'à 50 % (hors taxe communale). Sur la part qualifiée, l'écart est massif.

Le taux de 50 % est le taux marginal : il ne frappe que la tranche supérieure à 51.070 € (montant indexé, revenus 2026 ; art. 130 CIR 92). La comparaison ci-dessous suppose donc un contribuable dont les autres revenus dépassent déjà 51.070 € — chaque euro supplémentaire serait alors taxé à 50 % s'il était professionnel, contre 15 % en droits d'auteur.

15 %
précompte sur les droits
0 €
cotisations sociales
50 %
taux marginal (tranche > 51.070 €)
15 % droits d'auteur 50 % impôt classique
Au taux marginal (revenu déjà > 51.070 €, montant indexé revenus 2026, art. 130 CIR 92) : 15 % sur la part qualifiée en droits d'auteur, au lieu de 50 %.

L'avantage social : indépendant et salarié, deux régimes

Les droits d'auteur sont des revenus mobiliers ; les cotisations sociales, elles, se calculent sur les revenus professionnels. Le traitement social diffère donc selon le statut.

 IndépendantSalarié
Nature des droitsrevenus mobiliers (comme des dividendes)versés dans la relation de travail
Cotisations sociales0 € — aucune cotisation0 € sous conditions (sinon ONSS 13,07 %)
JurisprudenceCass. 15 septembre 2014 ne vise pas l'indépendant ; confirmé par le ministreCass. 15 septembre 2014 : en principe de la rémunération soumise à l'ONSS
TempéramentAR du 7 avril 2023 : exonération ONSS depuis le 1er janvier 2023, sous conditions
Les auteurs indépendants sont dispensés de payer des cotisations sociales (22 % sur la première tranche, 14,6 % sur la seconde) sur les revenus qu'ils tirent de la cession de leurs droits d'auteur.D'après F. Coppens, « Des cotisations sociales sur les revenus de droits d'auteur ? »
Et pour le salarié ?Depuis le 1er janvier 2023, l'arrêté royal du 7 avril 2023 (modifiant l'art. 19 de l'AR du 28 novembre 1969 ; M.B. 14 avril 2023) exonère les droits d'auteur des cotisations ONSS, mais sous conditions : l'indemnité ne peut dépasser 30 % de la somme « salaire soumis à l'ONSS + droits d'auteur » sur l'année, et il est interdit de convertir du salaire en droits d'auteur. Au-delà, la part excédentaire redevient de la rémunération soumise à cotisations.
Le double effet15 % d'impôt et 0 % de cotisations sociales sur la part droits d'auteur. C'est ce cumul qui fait, dans la pratique, des milliers d'euros d'écart par an.
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Les frais forfaitaires
Le forfait, par tranches, réservé à l’attestation.
Développement · D

🧾 Les frais forfaitaires, en détail

Un forfait de frais réduit encore la base imposable, par tranches indexées (base = brut moins cotisations sociales) : 50 % sur la première tranche (jusqu'à 20.590 €), 25 % sur la deuxième (de 20.590 € à 41.180 €), soit un maximum d'environ 15.443 € de frais déduits. (Montants indexés revenus 2026, source SPF Finances. Pour mémoire, en 2022 : 17.090 € / 34.170 €, maximum 12.815 €.)

Le changement de 2026

La loi-programme 2026 réserve désormais ce forfait aux titulaires d'une attestation du travail des arts.

Concrètement :

À présenter correctementPour un consultant IT, on ne reprend pas les anciens exemples « forfait déduit ». Le 15 % s'applique sur le brut — et reste massivement plus avantageux que l'impôt progressif (jusqu'à 50 %) augmenté des cotisations sociales.
✅ Tester mon éligibilité à l'attestation →
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Vos outils

🧮 Trois outils pour votre situation

Vous avez vu les principes. Place à votre cas concret. Ces trois outils calculent tout dans votre navigateur, en direct. Ils complètent les deux simulateurs de la section B.

Mode d'emploiSimulations indicatives. Information juridique, pas un conseil. Aucune donnée saisie n'est enregistrée ni envoyée : tout reste sur votre appareil.
1

Vérificateur des deux plafonds

Vos droits d'auteur sont plafonnés à 30 % (ratio relatif) et au plafond absolu de 77.220 € (revenus 2026). Choisissez votre statut : la base sur laquelle s'appliquent les 30 % change.

La part qui rémunère votre mandat.
Pour vérifier si vous restez sous le maximum.
Choisissez votre statut et entrez votre rémunération pour calculer le maximum de droits d'auteur.
2

Cession ou licence ?

Deux façons très différentes de faire circuler vos droits. Choisissez pour comparer.

La licence : l'œuvre reste à l'auteur, plusieurs personnes l'utilisent
Cession — vous transférez la propriété des droits.

Le cessionnaire devient titulaire. À l'égard de l'auteur, la cession se prouve par écrit et s'interprète restrictivement, en sa faveur (art. XI.167 CDE). Chaque mode d'exploitation, l'étendue, la durée et le territoire doivent être identifiés.

Exécuter et livrer une commande payée n'emporte pas cession (Cass., 18 juin 2020, pour l'architecte). À réserver quand vous acceptez de vous déposséder durablement.

Licence — vous autorisez l'usage, sans transférer la propriété.

Vous restez titulaire. La licence peut être exclusive ou non, limitée dans le temps, l'espace et les modes d'exploitation. L'œuvre revient pleinement à vous au terme convenu.

À privilégier quand vous voulez garder la main sur votre création et pouvoir la réexploiter ailleurs.

3

Mon œuvre est-elle protégeable ?

L'unique condition de fond est l'originalité. Trois questions pour s'en approcher.

L'originalité naît des choix libres et créatifs
Cochez ce qui s'applique, puis cliquez sur « Évaluer ».
↑ Retour à « En un coup d'œil »

Une question sur vos droits d'auteur ?

Posez‑la à l'assistant © — gratuit, trilingue, il vérifie ses sources et illustre ses réponses.

Essayer maintenant →

Assistant IA indépendant (ChatGPT). Information juridique, pas un conseil. © Christophe Boeraeve.

Niveau 2
Qui détient les droits
L’auteur est toujours, au départ, une personne physique.

⚖️ Comprendre — le civil

Une seule condition de fond : l'originalité. Une œuvre est protégée si elle est une « création intellectuelle propre à son auteur » qui reflète sa personnalité par des choix libres et créatifs (CJUE Infopaq, Painer, Cofemel, Brompton). Ni la valeur artistique, ni la longueur ne jouent. La protection naît automatiquement, sans dépôt.

👤
L'auteur
Toujours une personne physique
✍️
Cession écrite
Indispensable — jamais tacite
🏢
L'entreprise
Devient titulaire des droits

Exception : 💻 logiciel créé par un salarié → cession présumée à l'employeur (art. XI.296).

Payer n’est pas acquérir les droits
Payer la création ne suffit pas : sans écrit, pas de cession.
Le piège n° 1La cession n'est jamais automatique — sauf le logiciel. Un salarié ou un freelance garde ses droits sans clause de cession écrite. Exception : pour un logiciel créé par un salarié, l'employeur est présumé cessionnaire (art. XI.296). Pas pour un développeur freelance : là, sans contrat, l'entreprise n'a rien. La Cour de cassation l'a confirmé pour l'architecte : pas de cession tacite, même sur commande payée (Cass., 18 juin 2020).

🛠️ Votre métier crée des œuvres

Les limitesTout n'est pas protégé. Le concept d'une campagne et un slogan trop court échappent souvent à la protection. Le logiciel protège la forme du code, pas l'idée ni la fonctionnalité. Une base de données est protégée pour sa structure, pas son contenu factuel.

🧮 Comprendre — le fiscal

Depuis 2008, les revenus de droits d'auteur sont des revenus mobiliers taxés à 15 % (art. 17, §1er, 5° et 269, §1er, 4° CIR 92), au lieu des taux progressifs (jusqu'à 50 %). La loi-programme du 26 décembre 2022 (numac 2022043127) a resserré les conditions.

Trois bornes1. Plafond absolu 77.220 € (revenus 2026) ; au-delà, revenus professionnels. 2. Ratio 30 % (droits / rémunération totale). 3. Moyenne des 4 dernières années sous le plafond de base.
📊
77.220 €
Plafond
Plafond absolu 2026. Au-delà, l'excédent bascule en revenus professionnels.
⚖️
30 %
Ratio
Les droits d'auteur ne peuvent dépasser 30 % de la rémunération totale.
📅
4 ans
Moyenne
La moyenne des 4 dernières années reste sous le plafond de base (37.500 €).

Trois conditions cumulatives : il faut respecter les trois.

Changement 2026 — les fraisLe forfait de frais (50 % / 25 %) est désormais réservé aux titulaires d'une attestation du travail des arts. Un consultant IT, qui n'y a pas droit, est taxé à 15 % sur le brut — ce qui reste très favorable. Détail des frais → · Plafonds & simulateur →
Niveau 2 · l'atout

🚀 Pourquoi c'est un atout concret

Ce qui compte n'est pas le tarif brut, mais le net en poche, après impôt et cotisations.

Le net en poche
Ce qui reste vraiment en poche, une fois tout prélevé.
Rémunération classiqueDroits d'auteur 2026
Taxationprogressif jusqu'à 50 %15 %
Cotisations sociales~ 20 %aucune sur la part DA
Plafond77.220 € ou 30 %
Exemple chiffré — le net en poche (illustratif, indépendant) Sur 50.000 € bruts, selon la qualification, voici ce qui reste réellement en poche après tout prélèvement :
 En droits d'auteurEn rémunération classique
1. Sécurité sociale0 €≈ 10.250 € (cotisations ≈ 20,5 %)
2. Taxation7.500 € (précompte 15 %)≈ 11.100 € (impôt progressif, art. 130)
3. Net en poche42.500 €≈ 28.650 €
Écart de net en poche : ≈ 13.850 €/an en faveur des droits d'auteur. Indicatif, à calibrer dossier par dossier.
💶 Sur 50.000 € de revenus — ce qui vous reste net Classique 28.650 € net Droits d'auteur 42.500 € net net en poche impôt + cotisations
Estimation illustrative (indépendant) — écart de net en poche de l'ordre de 13.850 €/an sur cette part.
L'argument décisif — sécurité de la PICédés via une société de management interposée, les droits sont fragiles (la société peut être dissoute, vendue, prise dans un litige). Nous structurons et renforçons de sorte que le consultant cède directement, en personne physique, ses droits d'auteur à l'entreprise bénéficiaire. Ainsi, l'entreprise détient la pleine propriété intellectuelle, sans maillon qui pourrait s'effondrer.
Le grand retournement 2026
2023 excluait, 2026 réintègre les informaticiens.

IT CONSULTANT : 🔄 Le grand retournement

2023 🚪 Exclusion 2024 ⚖️ Cour const. valide (52/2024) 2026 🔓 Réintégration (rétroactif 1ᵉʳ janv.)
De la fermeture à la réouverture : trois ans de bascule pour les informaticiens.
2023

La porte se ferme : les programmes d'ordinateur sont exclus du régime favorable.

2024

La Cour constitutionnelle valide l'exclusion (arrêt n° 52/2024 du 16 mai 2024).

2026

La porte se rouvre : réintégration des logiciels (Doc. 56-1378), effet rétroactif au 1er janvier 2026.

⛔ Avant 2026 (2023 → 2025)
  • Logiciel exclu du régime droits d'auteur
  • Part taxée en revenus professionnels (jusqu'à 50 %)
  • Cotisations sociales dues
✅ Depuis 2026 (rétroactif 1ᵉʳ janv.)
  • Logiciel réintégré dans le régime
  • 15 % sur la part qualifiée en droits d'auteur
  • 0 cotisation sociale (indépendant)
Consultant IT — taux sur la part qualifiée Avant 2026 jusqu'à 50 % Depuis 2026 15 %
La réintégration ramène le consultant IT au taux de 15 % sur la part qualifiée.
Point de vigilanceRéférence du texte 2026 et numac à confirmer à la publication au Moniteur. La condition de cession « aux fins de communication au public » reste exigée : pour le logiciel sur mesure, la question du « public » n'est pas tranchée.

🎭 Exemples de créateurs

Pour chaque profil : qui détient les droits (civil), comment ils sont taxés (fiscal), et le drapeau attestation du travail des arts qui conditionne le forfait de frais. L'éligibilité à l'attestation s'apprécie au cas par cas — ce qui suit n'est qu'une orientation.

EssentielTous bénéficient du 15 % et de l'absence de cotisations sociales. La différence 2026 : ceux qui obtiennent l'attestation (musicien, graphiste, photographe, parfois la rédactrice) gardent en plus le forfait de frais.
L’attestation du travail des arts
Une attestation, deux serrures : domaine et pratique.
Outil interactif

🎨 Ai-je droit à l'attestation du travail des arts ?

Pré-test indicatif selon les critères de la loi du 16 décembre 2022. La Commission du travail des arts décide seule.

Exemples rapides :
Le musicien La graphiste Le photographe Le consultant IT L'architecte
1. Votre activité relève-t-elle d'un domaine artistique ?
2. Pratique professionnelle (revenus et temps suffisants) ?
  
3. Contribution artistique nécessaire à une création ou exécution ?
  
Choisissez un exemple ou répondez aux trois questions.
Faire la demande officielle sur witapro →
En savoir plus — wita.be
En images

🖼️ Le droit d’auteur, en un coup d’œil

Les visuels pédagogiques de l’ouvrage ©Le droit d’auteur belge — chaque notion clarifiée par une image.

Idée libre, forme protégée
L’idée est libre, la forme est protégée
L’empreinte de l’auteur
L’originalité, l’empreinte de l’auteur
L’auteur personne physique
L’auteur, une personne physique
Payer n’est pas acquérir
Payer n’est pas acquérir les droits
L’exception logiciel
Le logiciel du salarié : cession présumée
L’écrit est roi
Sans écrit, pas de transfert sûr
Les deux plafonds
Les deux plafonds du régime
Le ratio 30/70
Au plus 30 % en droits d’auteur
Du brut au net
Du brut au net : l’avantage du 15 %
Les frais forfaitaires
Les frais forfaitaires, par tranches
La rivière des réformes
2008 → 2026 : la rivière des réformes
La réintégration 2026
2026 : le grand retournement IT
L’attestation travail des arts
L’attestation : une clé, deux serrures
Les situations particulières
Salarié, commande, dirigeant
Les clauses qui tiennent
Les clauses qui tiennent
La valeur des droits
Combien valent les droits cédés
Audiocasts · Spotify

🎧 Écouter

La matière en deux voix. Trente-trois épisodes qui suivent l'ouvrage, chapitre par chapitre, et dix « génériques » best-of, courts et transversaux, pour entrer dans le sujet. Information juridique, pas une consultation.

Pochette du podcast © — Le droit d'auteur belge, 33 épisodes

Chapitre par chapitre

33 épisodes qui suivent l'ouvrage · à jour 2026

Pochette du best-of © — les épisodes phares

Le best-of — les génériques

10 épisodes phares, courts et transversaux

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Sécurité sociale

Indépendant ou salarié : deux mondes

Le sort social des droits d’auteur dépend du statut du bénéficiaire.

Indépendant

Les cotisations sociales se calculent sur les revenus professionnels nets. Les droits d’auteur, revenus mobiliers sous plafond, n’en font pas partie : ils échappent aux cotisations d’indépendant. Seule la part qui dépasse le plafond, requalifiée en revenus professionnels, réintègre la base (AR n° 38 du 27 juillet 1967).

Salarié

Les indemnités de droits d’auteur sont en principe de la rémunération soumise à l’ONSS. Une exonération existe, mais conditionnelle et plafonnée à 30 % de la rémunération totale (AR du 7 avril 2023, M.B. 14 avril 2023). Elle vise les œuvres de l’article XI.165 du Code de droit économique.

Informaticiens. La réintégration votée le 9 juillet 2026 est fiscale. Le logiciel (art. XI.294 CDE) reste hors du champ de l’exonération sociale (art. XI.165). Chez le salarié développeur, les droits restent soumis à l’ONSS ; chez l’indépendant, ils restent, comme tout revenu mobilier sous plafond, hors de la base INASTI.

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📊 Le guide en chiffres

🔎 Requêtes traitées
jour
semaine
mois
total
👁️ Visiteurs
jour
semaine
mois
total
Nouveaux aujourd'hui
Utilisateurs uniques (total)
🧮 Vos requêtes (cet appareil)
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semaine
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mois
0
total

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Annexe

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Christophe Boeraeve
© ValorIA 2025
Christophe Boeraeve
Managing Partner · Avocat au Barreau de Bruxelles
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